wakfu

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Vous êtes dans votre canapé à mater une emission de Noël insipide, ou bien mieux, en famille à déballer vos cadeaux en ce 25 décembre à minuit, et vous vous faites quand même royalement chier. Heureusement, la blogosphère a pensé à vous et vous a concocté une myriade d’articles pour faire croire à votre entourage que vous envoyez des SMS à votre copine, alors qu’en fait, vous êtes en train de lire tout ça :

Chacun avait son sujet, voté par les autres membres de cet effort “esprit doujin” et c’est sans retenue que je vous livre le mien : Wakfu.

(sinon, pour un article de présentation par l’instigateur de cette supercherie, voyez le blog de nyo.)

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Avant de commencer, je pense qu’il est important qu’on situe bien ma relation vis à vis de Ankama : Je ne suis absolument pas un fan de ce que produit la boîte. Notez que je ne déteste pas non plus juste par moutonisme “parce que les autres aiment”. C’est juste que ça me laisse bien indifférent, comme si tout cela ne m’était pas destiné. Cela ne m’empêche pas de ressentir une certaine admiration quand je vois où ils en sont aujourd’hui malgré une croissance très forte. Reste que leur success story aurait pu en rendre jaloux plus d’un. Pour ma part, je préfère être content pour eux. Il y a pleind e gens talentueux là-bas qui aiment ce qu’ils font, et ça se voit dans l’anime de Wakfu, puisque c’est la seule facette de l’univers Dofus/Wakfu que je connais dorénavant.

Wakfu est donc un anime français de 2008 tiré d’un MMORPG du même nom. Oui, français, mon bon monsieur. Ce n’est d’ailelurs pas le seul fait rare de cette production, puisque l’autre fait rare est qu’il est produit intégralement ou presque en vectoriel à l’aide de Flash. Comme South Park quoi. Pour les deux du fond qui ne comprennent pas ce que je raconte, un anime est généralement composé de cellulos dessinés. Chaque image n’est au final qu’une série de points, chaque point ayant une couleur définie. En vectoriel, plutôt que de définir chaque point, on dira plutôt que tel point est à telle coordonnée dans l’espace de la feuille, qu’il va dans telle direction, puis telle autre, puis telle autre, pour ainsi faire une forme géométrique. Puis une autre, puis plein d’autres, pour ainsi faire un dessin. Ca donne un air peut-être plus simpliste et moins travaillé que du dessin normal, dirons-nous, mais cela présente l’énorme avantage de permettre des animations fluides, car pour faire bouger la jambe d’un personnage, pas besoin de dessiner chaque image de l’animation : on définit l’image de départ, l’image d’arrivée en faisant une rotation (vu que ce ne sont que des données mathématiques) et l’ordinateur se charge de calculer toutes les étapes intermédiaires (ce qu’un esclave animateur ferait à la main sur du dessin traditionnel.)

Cela donne à Wakfu un cachet plutôt moderne, bien que déroutant au départ : les tous premiers épisodes ont un peu de mal à passer. En tous cas, quand ma meido d’elite N°3 est revenue avec les DVDs de la série qu’une amie lui avait prêté, je me suis amusé à regarder la télé d’un air distrait sans réellement apprécier. L’oeil distrait s’est transformé en oreille distraite, et comme je suis plutôt sensible au travail de doublage, je n’ai pu qu’apprécier le talent du studio OneTake. Si vous regardez Nolife, vous reconnaîtrez forcément certaines voix, notamment celles de Tristepin ou d’Evangelyne. Au final, j’ai commencé à regarder la série dans mon coin pour rattraper mon retard, pour au final dépasser Sedeto dans le matage. Impossible ed s’arrêter, j’ai regardé d’une traite la seconde moitié de la série.

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L’histoire commence alors qu’un être maléfique manipulant le temps cherche à tout prix à récupérer du Wakfu, l’essence de toute vie qui composent les êtres vivants de ce monde coloré. Il tombe sur un vieux du nom de Grougalouragran (Si vous avez pensé à Gurren Lagann, ne vous en faites pas, les créateurs ont déjà fait la blague avant vous) qui pousse un berceau dans lequel se repose un bébé. Après avoir essuyé puis repoussé une attaque du méchant manipualteur du temps, Grougalouragran confie finalement l’enfant à un barbu ex-chasseur de primes pour qu’il l’élève. Ce petit, c’est Yugo, le héros de l’histoire. Alors qu’il vit tranquillement à l’auberge de son père adoptif, Yugo découvre qu’il a d’étranges pouvoirs lui permettant de créer des portails (coucou GlaDOS) n’importe où. Il va mettre un peu de temps à maîtriser la chose, mais ça fait de lui un héros d’histoire avec un pouvoir non aggressif, ce qui est plutôt bienvenu. Son auberge se fait attaquer par un chevalier possédé par son Chouchou (un démon qu’il est sensé garder) et ensuite, des insectes bizarres transforment tout le monde en plantes. Bref, pas glop. Du coup Yugo va partir avec le vieux Ruel, copain du papa du premier et Sire Tristepin, le chevalier qu’il a sauvé en le séparant de son Chouchou (Rubilax, une épée qui parle.) Tout ce peitt monde va aller à la forêt du coin pour tenter d’inverser le processus, et vont rencontrer la princesse Amalia et sa dame de compagnie l’archère un peu coincée Evangelyne.

Tout ce petit monde va vivre des aventures en parcourant le monde, comme on est en droit d’attendre d’une bonne histoire, chaque épisode ayant en général un début et une fin, on peut aisément zaper certains épisodes sans difficultés. Ceci étant dit, Ankama a réussi à rendre chaque épisode plutôt unique et intéressant, avec des situations à la fois amusantes et pleines de références. En ce sens, Wakfu réussit le pari de s’adresser à une jeune audience (8-12 ans, à la louche.) tout en captivant les plus adultes grâce à des références et des clins d’oeil bien placés, que ça soit dans les dictons et proverbes des personnages (Ruel en fera toujours un en rapport avec l’argent, tandis qu’Amalia en fera sur les plantes, par exemple) ou dans des cameos graphiques (Le Corbeau Noir envoie des mini-corbaux qu’on jurerai être des oiseaux tout droits sortis d’Angry Birds.) Je vous passe les références au MMORPG du même nom, ne l’ayant jamais pratiqué, je ne saurais les reconnaître.

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Même si l’ambiance et l’atmosphère du monde où évoluent les héros se montre assez enfantine au départ, elle devient un peu plus mature passé la seconde partie de la série. Série qui d’ailleurs possède un bon rythme globalement, et qui donne envie de voir l’épisode suivant une fois celui qu’on regarde terminé. Mis à part l’arc du BoufBowl (parodie de BloodBowl, lui-même parodie du football américain dans l’univers de Warhammer) que j’ai trouvé trop long, cette première saison s’est déroulée sans heurts.

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Comme je le disais plus haut, je n’ai pas pratiqué le MMORPG du même nom, mais cela ne m’a pas empêché d’apprécier la série. Passé les premiers épisodes où l’animation est un peu brouillone quand l’action s’accélère, on découvre une oeuvre bien maîtrisée où l’équipe de production s’est définitivement fait plaisir à bien des égards. On s’habitue très vite au style d’animation et on ferme les yeux sur certaines ficelles évidentes du scénario pour se laisser porter par l’aventure avec un grand A. La faiblesse du scénario au tout début est vite gommée quand on se souvient pour qui est majoritairement destiné ce dessin animé : les enfants. Ca n’en fait pas moins un anime agréable à suivre et plein d’humour frais en dedans. Foncez consommer ça en DVD ou en VOD selon vos envies, ça vaut largement le coup.