your name

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Lorsque j’ai assisté à l’avant-première de Your Name à Nantes le 8 Décembre dernier, j’étais loin de me douter que le film allait autant me marquer et m’obséder pendant des semaines. Il est assez rare qu’une oeuvre me tienne à coeur à ce point. Cela faisait même bien trop longtemps, si vous voulez vraiment tout savoir ! Je crois que la dernière fois c’était Haruhi en 2006. 

Ce qu’on aurait préféré voir en allant mater Rogue One. Source : (Pixiv)

 

Mais bref, dans ce billet découpé en diverses sections qui n’ont pas toujours à voir entre elles, je vais m’efforcer de vous emmener un peu plus loin dans le film et son univers. Bien sûr il va y avoir de nombreux spoilers : si vous n’avez pas encore pu voir le film, je vous invite à fermer l’article maintenant et à y revenir plus tard. Et si je vous surprends à télécharger le leak tout moche bourré de watermarks et sous-titré chinois/anglais, je vous reprends votre carte d’être humain. Continue Reading

Article garanti sans spoilers.

Dire que Your Name était attendu est un euphémisme. En France, en tous cas, les places pour l’avant-première en présence du réalisateur Makoto Shinkai sont parties en une dizaine de minutes. Déjà hypé par la critique unanime des amis et de la twittosphère, j’étais aussi client rien qu’en lisant le synopsis et en connaissant le public auquel Shinkai s’adresse en règle générale. Je suis donc allé à l’avant-première nantaise du film, pratiquement vierge de Shinkai (je n’ai vu que 5cm par seconde récemment, que j’avais trouvé relativement, sauf la première partie du film géniale.)

Et wah, la claque.

Si j’ai du mal à comprendre comment le film a pu atteindre la troisième place au box office japonais de tous les temps (devant Princesse Mononoke), il est indubitablement excellent et m’a même fait pleurer à la fin. Je suis peut-être trop bon public mais ça m’a vraiment touché.

Alors, vite fait, de quoi ça parle : Mitsuha vit à la campagne, Taki à Tokyo. Il voudrait bien vivre en dehors de la ville, elle en a marre de son bled paumé. Leur souhait sera plus ou moins exaucé un beau matin où Taki se réveille dans le corps de Mitsuha, et Mitsuha dans celui de Taki. De façon aléatoire, d’un jour sur l’autre, ils vont échanger leurs corps, leurs vies, leurs amis, et apprendre à vivre avec. 

Le début du film, très drôle et dynamique, permet d’en savoir plus sur nos deux personnages principaux et la façon dont ils s’échangent des informations afin de s’entraider dans leur nouvelle « vie ». Puis viennent les problèmes : les examens, la vie amoureuse… Une véritable complicité s’installe entre les deux adolescents qui doivent partager leurs vies respectives. Les plans sont courts, suffisament pour dire ce qu’il faut sans perdre le spectateur ou lui laisser le temps de s’ennuyer. 

Bien sûr, le film ne passe pas deux heures sur tout ça, et une intrigue tout aussi intéressante s’installe sans crier gare. Il y a dans toute histoire un élément perturbateur et vous ne le verrez pas venir, pris comme vous serez dans cette comédie romantique légère.

En tant que spectateur, on est porté par le film de bout en bout. Je n’ai tout simplement pas vu le temps passer alors que je rencontre habituellement un petit moment de creux dans un film. Là, non. C’était passionnant sauf peut-être la fin qui aurait mérité d’être raccourcie de quelques minutes pour avoir plus d’impact, mais là on parle vraiment de chipotage.

D’un point de vue narratif donc, on en prend plein dans le coeur. C’est drôle, touchant, ça t’attrape aux tripes sans trop en faire, c’est presque naturel, organique. On se lie facilement à Mitsuha comme à Taki, et voir ces deux-là partager leurs intimités, voir comment ils évoluent, fait vraiment du bien. Par rapport à ses précédents films, Shinkai maîtrise bien mieux l’écriture. Le film est beaucoup plus accessible que ce qu’il a fait jusqu’à maintenant et ses personnages échangent beaucoup plus entre eux. J’oserai même dire qu’il s’est réconcilié avec ceux qui critiquaient 5cm par seconde, en tous cas c’est mon cas.

Techniquement, ça arrache la rétine. Les décors sont fabuleux, l’animation envoie du lourd… Il manque peut-être des jeux d’ombre, mais encore là c’est vraiment pour chipoter. J’aurais besoin de revoir le film parce qu’entre les sous-titres (le film sera en VF le 28 Décembre 2016 dans les salles) et l’animation, j’ai eu du mal à suivre les deux en même temps parfois, à cause de mon handicap. 

Je suis ressorti de la séance la gorge un peu nouée par l’émotion. C’était beau, ça m’a touché, j’ai ressenti quelque chose durant ce film qui m’a bien parlé. Il y avait dans ce film des éléments de 5cm par seconde mais aussi d’autres films de Makoto Shinkai, comme si Your Name était son best of, sa compil’ d’idées remixées et que la recette prenait sans problème cette fois. S’il n’y a qu’un Shinkai à aller voir, c’est bien celui-ci. Son accessibilité fait aussi qu’on peut complètement le recommander à sa famille et ses amis non versés dans l’animation japonaise. Le film à ses éceuils, notamment la fin comme je le disais, un peu longuette, mais l’ensemble est tellement solide, tient tellement bien debout, qu’on pardonnera tout. J’hésite à lui mettre un 10/10 sur MyAnimeList, tout simplement parce qu’il y a un truc sur lequel j’arrive pas à mettre le doigt qui m’embête dans ce film. Est-ce que c’est certaines petites incohérences du scénario ? La longueur du dénouement ? L’absence d’un petit épilogue bien senti ? Difficile à dire. L’émotion a envie de lui coller 10, la raison 9,5. Il va falloir faire un choix. 

Bref, allez le voir ! C’était bourré de feels, de ponytails, de paysages sublimes, de fun, de romance, de tristesse, d’ascenseurs émotionnels, de personnages attachants, d’amour de l’animation, … C’est un cocktail détonnant et maîtrisé que nous livre Makoto Shinkai. C’est son Ame & Yuki, son Princesse Mononoke ou son Voyage de Chihiro. C’est, à mon avis, l’oeuvre qui va placer Makoto Shinkai sur la carte des réalisateurs de films d’animation en France, aux côtés de Mamoru Hosoda et du Studio Ghibli.

Your Name, ou Kimi no na wa en japonais, mérite toutes les éloges qu’on lui fait !

Je vous laisse sur la bande annonce sous-titrée français ci-dessous. Vous pourez tâter la VF qui sera disponible en salles le 28 Décembre 2016 en allant voir sur Allociné