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Cet article est né à cause de celui de Amo sur ses dernières lectures manga. L’ami Paoru en a aussi parlé l’an dernier sur son blog sauf que j’avais complètement zappé cet article. Pardon aussi pour les extraits qui alternent entre anglais et français, on prend ses sources comme on peut.

Des fois, on tombe sur des perles totalement méconnues. Des histoires qui vous font tripper et qui auraient mérité une plus grande attention de la part du public. Ne serait-ce que parce qu’il est frais, plutôt bien écrit, et avec un plot twist de dingue.

Imaginez plutôt…

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Ajio est amoureux de Chiaki Terui, mais la belle, une jeune fille somme toute normale, s’en moque bien : elle a déjà un copain. C’est un amour à sens unique et bien que Ajio tente de le cacher, ça se voit comme le nez au milieu de la figure. Chiaki l’éconduit alors qu’ils sont tous deux en colle par le professeur de sciences M. Yamada. Ce dernier débarque dans le labo où les deux lycéens sont de corvée de nettoyage, et a entendu leur conversation. Il comprend tout à fait le problème de Ajio, il vit un amour à sens unique, mais est-ce qu’il aurait eu sa chance si Chiaki n’avait pas eu de petit copain ?

Pas facile de le savoir, à moins que…

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Et bam, voilà le plot twist qui sert de base à l’histoire : Yamada crée un clone de Chiaki comme ça pépère, et efface les souvenirs du petit copain de Chiaki de son clone (ça va vous suivez ?). Du coup, Ajio va avoir comme tâche de séduire la copie de Chiaki (affectueusement nommée Kopiko, puis Koaki pour plus de simplicité) tandis que Chiaki va elle, continuer sa vie avec son petit copain actuel. Bien sûr, il y a un truc : après quelques mois, Chiaki et Koaki fusionneront de nouveau, et celle dont le sentiment amoureux sera le plus fort avec son copain écrasera l’autre. Si Ajio veut donc que Chiaki post-fusion l’aime, il va falloir qu’il se remue car il part avec un gros handicap dans cette course folle.

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Ajio est un personnage masculin de comédie romantique assez basique. Un peu pas doué, un peu indécis, il va fort heureusement bien évoluer au cours des 4 tomes que compte la série. Pas au point d’être incroyable et badass, mais quand même. Chiaki et Koaki, de leur côté, sont particulièrement bien écrites. Elles s’adaptent à leur nouvelle situation, et même si Koaki joue un peu la chipie au début en inscrivant son double dans des clubs qu’elle ne veut pas, au final ça se goupille bien. Koaki va en effet habiter chez Ajio pour compenser son handicap et la famille du garçon va l’accueillir à bras ouverts.

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En lisant le manga, on peut se dire que c’est complètement capilotracté. Certains personnages réagissent trop facilement, mais le tout est suffisament léger pour qu’on n’y prête finalement pas beaucoup d’attention. Léger, avec de l’humour, mais aussi des passages plus sérieux et qui font chaud au coeur. L’auteur arrive très bien à retranscrire le fait que Chiaki et Koaki sont au final de parfaits clones : elles réagissent de la même façon, se comprennent parfaitement et connaissent l’autre par coeur. Sauf bien sûr sur le fait que l’une d’elle a déjà un copain… Koaki est d’ailleurs un peu curieuse :

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Question légitime s’il en est : après tout le corps a été dupliqué à l’identique mais l’esprit non, puisque Koaki n’a aucun souvenir de son petit copain !

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La relation entre Koaki et Chiaki dépasse le stade de soeurs jumelles d’une fort belle manière, et à de nombreux moments on se surprendra de leur complicité. On aurait pu penser, en effet, vu leur délire autour de la course à l’amour qu’il allait y avoir de la casse, mais au lieu de compétition on les voit s’encourager mutuellement chacune avec leur propre histoire, si bien que Chiaki et Koaki ne sont plus tellement des clones au bout d’un moment vu ce qu’elles vivent chacune de leur côté. On nous montre ainsi que les souvenirs et ce qui nous arrive nous forge plus que ce que nous le pensons, et qu’en amour, rien n’est facile. Après tout, qu’adviendra-t-il de la « perdante » lors de la fusion ? Comment préserver son autre soi sans renoncer à ses propres sentiments ? Ces questions et de nombreuses autres trouveront leur réponse dans ce court manga. Enfin en quelque sorte !

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Le trait est rond et chaleureux, parfois drôle, parfois attendrissant. Si le chara design et surtout les yeux des personnages ne vous rebutent pas, alors vous allez passer un fort agréable moment en compagnie de Chiaki et Koaki. A noter aussi que Doki Doki a conservé pour la version française la couverture et la quatrième de couverture qui se renvoient la balle niveau angles de prises de vue. Prenez un tome, regardez l’arrière : vous verrez que l’illustration fait echo à ce que vous voyez en couverture !

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Honnêtement, j’ai dévoré cette histoire. C’était frais, bien pensé, et la fin, bien qu’un peu rocambolesque et sortie de nulle part, m’a fait sourire. Elle m’a rappelé ce côté un peu sérieusement léger de séries des années 2000 comme Onegai Teacher/Ano Natsu de Matteru, où même des évènements qui pourraient sembler graves ne paraissent pas si graves que ça. Du coup on peut prendre ça au sérieux et être déçu de la tournure un peu « cheveu sur la soupe » de la série à la fin du troisième tome, ou bien on peut le prendre avec toute la légereté du monde. Après tout, comment prendre au sérieux un monde où dés le départ un prof clone une de ses élèves comme ça en lui attrapant la tête ?

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C’était frais, c’était gentil et sans grande prétention. Je n’avais qu’une envie c’était de connaître la suite, de suivre les aventures de Koaki et Chiaki. Même avec des cheveux courts, Koaki avait un charme incroyable. C’était le même personnage que Chiaki mais pas tout à fait le même non plus, et comme je le disais, l’auteur a vraiment su très bien rendre les similarités entre les personnages sans en faire trop comme on aurait pu l’imaginer avec le postulat de base. De même, on évite tous les clichés typiques de comédie romantique et de triangle amoureux, et ça c’est plutôt bien vu. Mon seul regret peut-être, c’est sur la fin où un peu plus de suspense n’aurait pas fait de mal histoire de jouer un peu avec le lecteur, mais au final ça s’est plutôt bien goupillé dans mon petit coeur.

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A noter également que l’auteur a fait quelques dojinshis hentai (en plus d’autres courts mangas) et que même si ceux-ci n’ont aucun lien avec ses séries, des fois on ne peut s’empêcher de voir quelques similitudes avec ses autres personnages. C’est bien dommage d’ailleurs car la règle 34 d’Internet ne s’applique apparement pas à Uwagaki.

La question maintenant, c’est est-ce qu’on peut considérer tout ça comme du NTR ? 🙂 (ne cherchez pas si vous ne connaissez pas.)

En bref, c’est chez Doki Doki, courez donc l’acheter, ça ne dure que 4 tomes !

J’aurais adoré écrire cette histoire, à vrai dire. Et ça, c’est un des meilleurs compliments que je puisse faire à un auteur.

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